Le psaume 67

Le psaume 67, écrit sous forme de la Ménora, Candélabre à sept (7) branches. Le Saint, Béni Soit-Il, a révélé ce merveilleux psaume, à Moché Rabbènou. Puis, plus tard, à Dawid Ha-Mélékh. Il leur a été accordé à tous deux une vision sainte dans laquelle il était gravé sur une feuille de l’or le plus pur, façonnée comme un candélabre à sept branches. Dawid a reproduit ce psaume sous la forme de la Ménora et l’a gravé sur son bouclier pour pouvoir étudier ses enseignements avant d’aller au combat ; cette conduite méritoire lui assurait la victoire. Rav Hyda note qu’il a trouvé cette affirmation dans le manuscrit original du Maharchal. Rav HYDA, Midbbar Qédèmoth, série 4, § 21. Merveille d’architecture littéraire et poétique, ce psaume de huit (8) versets, d’une parfaite symétrie, épouse la forme du chandelier à sept (7) branches. Il fut, à ce titre, l’objet d’une sollicitude particulière de la part des qabbalistes, avec son allusion à la bénédiction des Cohanim, donc à Aharone, premier des Grands-Prêtres qui était chargé de monter les lumières et d’allumer la Ménora du Temple. Le lecteur de ce psaume doit visionner la Ménora et insister sur chacun des 49 (7 x 7) vocables que renferme ce psaume. Ces multiples de 7 sont évidemment à rapprocher des 7 semaines (7 x 7 = 49 jours) du ômére qui séparent Pessah de Chavouôth.

candelabre

La jalousie

                                             Les Méfaits de la Jalousie :

Dégâts Physiques et Spirituels

Lorsque l’être humain fait preuve de jalousie envers son prochain, ou envers ses biens, alors s’opèrent en lui des changements à caractère spirituel et physique, comme le souligne l’adage : « crever de jalousie ». La fièvre de la jalousie ou celle de la colère s’accumule dans son corps, et se comprime comme de l’air dans un ballon gonflé, alors que le feu de la jalousie le touche en personne. Comme il est dit : [1]

« Un cœur paisible est un gage de vie pour le corps ! Mais la jalousie est la carie des os. »     

C’est dire que la santé de tous les organes du corps humain, c’est un cœur en santé. Lorsque le cœur est paisible, calme et non coléreux. Par contre, la jalousie est une maladie incurable[2]. Il s’agit du cancer des os.

La jalousie est comparée au feu. La jalousie brûle dans le cœur et le consume. La jalousie porte atteinte à tous les organes du corps humain. Aussi, nos maîtres,[3] ont-ils enseigné : Quiconque a l’envie au cœur, [et rivalité envers son ami], verra ses os tomber en poussière. [C’est à son propos, qu’il est dit :[4] « Et à la poussière tu retourneras. »]


[1] Michlè 14, 30.

[2] adj. qual. Qui ne peut être guérie. Inguérissable, condamnée.

[3] T. B. Chabbath 152b.

[4] Bérèchith 3, 19.

L’amour de D.ieu

Un père pourvoit[1] à dix enfants mais dix enfants ne sauraient pourvoir à un seul père. Rabbènou Ibn Êzra. Le Rabbi Yossef Itshac de Lubavitch attribue ce phénomème filial à la relation affective qui unit le Créateur à Son Peuple : D.ieu aime Ses Enfants plus qu’eux ne L’aiment.[2]

L’amour, le remède le plus efficace à tous les maux de l’àme.[3] Si l’amour n’est pas le pain de la vie, il en est l’élixir[4]. Veux-tu être aimé ? Alors, aime ![5] Grande est la force de l’amour qui se fraye un chemin jusqu’au Trône céleste.[6] La crainte est l’œuvre de l’homme, l’amour, l’œuvre de D.ieu.[7] L’amour et la crainte, deux contraires que seul D.ieu peut concilier.[8]


[1] Pourvoir, v. tr. Donner, mettre quelqu’un en possession de quelque chose qui lui est nécessaire ou qui peut lui être utile. Alimenter, approvisionner, doter, équiper, fournir, subvenir.

[2] Cité par Étincelles, p. 15. Rav Élie Marciano.

[3] Rabbi Naftali de Rofchitz. Cité par idem.

[4] n. m. Médicament liquide composé de sirop et d’alcool.

Breuvage magique, magistère, philtre : élixir d’amour, élixir de longue vie, népenthès.

Rabbi Menachem Mendel de Kotsh. Cité par idem.

[5] Le Baâl Chem Tov. Cité par idem.

[6] Rabbi Lévi Itshac de Bartitchev. Cité par idem.

[7] Rabbi Aryé Leïb de Gour. Cité par idem, p. 16.

[8] Le Maguid de Mezeritch. Cité par idem, p. 16.

« Où es-tu  » ? « Ayyécca » ?

Ayyécca  ii

Le Saint, Rav Èliyyahou Hayyim, Grand Rabbin de Bavèl, questionna son fils, Yossef,[1] qui avait à peine quatre ans. Pourquoi l’Éternel avait-Il demandé à Adam :                                      « Où es-tu  » ?[2] « Ayyécca » ? ii

Alors que l’Éternel Sait où se trouvait Adam ? Le jeune Yossef répondit sans la moindre hésitation : C’est précisément ce que D.ieu voulait insinuer à Adam. Car « Ayyécca » est l’acronyme[3] de l’expression :[4]                                         ii                                        

Et pour le premier homme, créé des Mains mêmes de D.ieu, il suffisait d’une simple allusion, de conclure l’enfant.


[1] Rabbènou, Yossef Hayyim. Adonènou, Ha-Bén Ich Haye, p. 65.

[2] Bérèchith 3, 9.        ii

« Hachèm-D.ieu appela l’homme et lui dit: « Où es-tu [à essayer de te cacher] ? »

La Question de D.ieu revêt aussi un autre sens : Hachèm ne S’est pas enquis de la situation matérielle d’Adam, mais Il lui déclara : « Regarde comme tu es tombé bas ! Qu’en est-il de ta grandeur ? » Adéréth Èliyyahou, du Gaone de Vilna.

[3] n. m. sigle formé des initiales de deux mots et plus, « rachè-tèvoth » En hébreu. En langage rabbinique, « notariqone ».

[4] Je Connais Tous Les Secrets, [toutes les choses cachées]. « Les choses cachées appartiennent à l’Éternel, notre D.ieu. » [Dévarim 29, 28.]

Le Chéma^ – Ou – Le Déploiement d’une Lueur de la Lumière Cachée

Le 25 Kislèv, nous célébrons « Hanoucca », la Fête des Lumières. Or[1], le terme « Or »[2], « lumière », est le 25e mot de la Tora. La Lumière primordiale[3] de la Création, ce que D.ieu, en premier lieu, appela à l’existence durant le jour où l’Univers a commencé, est celle qui est concentrée dans ce nombre vingt cinq (25). Elle est évidemment cachée. Les Maîtres de la Mystique affirment que c’est la raison pour laquelle la déclaration de foi la plus importante de notre peuple, le « Chéma^ Yisraèl »[4], est inexorablement[5] composé de vingt-cinq lettres, car quand nous disons « Chéma^ Yisraèl », une lueur de cette Lumière se déploie[6].


[1] Or : l’une des sept conjonctions de coordination :  marque la transition entre deux idées.

[2] Or : terme toraïque. n. m. signifiant lumière.

Bérèchith 1, 3. « D.ieu dit : « Que la lumière soit ! Et la lumière fut. »

[3] adj. Capitale, essentielle, fondamentale, indispensable, vitale.

[4] Dévarim 6, 4.    En effet, ce verset, composé de 6 mots, renferme 25 lettres

[5] Adverbe de manière. À coup sûr, automatiquement, forcément, logiquement, mathématiquement, nécessairement, sûrement.

[6] Se déployer, v. pron. se propager, se répandre, rayonner.

Qu’est-ce que la Pensée Positive ?

Il s’agit d’une activité de l’esprit découlant des vertus : amour, amitié, générosité, prodigalité, compassion… C’est la faculté de pouvoir juger favorablement autrui conformément à l’enseignement de nos Maîtres. Yéhochouwa^ bén Pérahya dit :[1] Fais-toi un maître, acquiers-toi un compagnon, et juge tout homme favorablement. litt. : d’après le plateau (de la balance) qui penche vers « l’acquittement ». Ne dit-on pas aussi : D.ieu mesure l’homme avec l’aune[2] dont celui-ci se sert pour mesurer autrui.

[1] Avoth 1, 6.                                                 

[2] T. B. Sota 8b. T. Y. Sota, michna I, 7.


Commentaire du Séfath Éméth : [1]

Au lieu de comprendre « col ha-adam »au sens de « tout homme ». Le Séfath Éméth lit : « Tout l’homme », c’est-à-dire : Juge l’homme dans sa totalité, afin de pencher vers l’indulgence[2], car il peut avoir des qualités qui rachètent les défauts que tu lui trouves.

Commentaire du Rambam :[3]

Juge tout homme en bonne part : Tout ce que tu entends dire à son porpos, dis-toi que cela a été évoqué en bien jusqu’à ce que tu saches avec certitude que ce n’est pas le cas. Si tu agis ainsi, on te jugera depuis les cieux en bonne part.[4]

Commentaire de Rabbènou Ôvadya de Barténoura :

Ceci ne s’applique que dans les cas où aucun antécédent ne permet de juger si l’acte incriminé[5] doit lui être imputé[6] en bien ou en mal. Alors, middath hassidouth (une exigence morale supérieure) commande de le considérer comme innocent.

[1] Cité par la michna, pirké avot, 1, 6, p. 12. Rabbi Yéhouda Aryè Leib Alter de Gour : [5607/1847-5665/1905] Outre le Séfath Éméth sur le Chass, il écrivit des commentaires originaux sur les péricopes de la Tora et les Fêtes du calendrier hébaique, ainsi que sur les Ordres : Moêd et Qadachim. Voir infra, p. 307, note 3.

[2] n. f. Facilité à excuser. Remise de la peine due aux péchés.

[3] Avoth 1, 6.

[4] T. B. Chabbath 127b. référence citée par Rambam, Avoth 1, 6.

[5] Incriminer, v. tr. participe passé. syn. : accusé, blâmé, inculpé.

[6] Imputer, v. tr. participe passé. syn. : accusé, attribué, prêté.

As-tu attendu, avec espoir, le Salut messianique ?

  1. Le Message Talmudique
   Nos Sages ont enseigné :[1] L’une des premières questions que
   l’homme se voit poser lorsqu’il comparaît devant le Tribunal
   Céleste, lors de son jugement dernier, est :
   « Sippita lichouâ » ? As-tu attendu, avec espoir, le Salut
   messianique ? « Lessappoth », signifie également,
   observer, scruter, comme une sentinelle[2] qui scrute l’horizon,
   espérant, à chaque instant, y voir le rivage tant attendu. Il nous
   appartient dès lors de diriger sur le monde qui nous entoure un
   regard nourri de cette expectative[3] messianique, à même de
   distinguer, et donc de révéler, en chaque être son potentiel de
   bien. Toute chose est une manifestation de la Volonté divine et
   possède sa place dans le Plan divin.[4]
   De même que nous distinguons le positif chez autrui, puissions-
   nous être conscients de nos propres potentiels.
   Et de même que nous nous réjouissions du bien de tous nos
   prochains, puissions-nous également mériter les Bienfaits de
   D.ieu, et particulièrement le plus grand de tous les Bienfaits :
   l’ère de prospérité, de paix et de Révélation divine qu’apportera
   l’Avènement de la Rédemption du Roi Machiyah.
[1] T. B. Chabbath 31 a. au nom de Rava. Il s’agit exactement de la 4e question.
Rava a dit : Lorsque l’on escorte une personne vers son jugement dernier devant le Tribunal  Céleste, après son décès, on lui pose les questions suivantes :
  1. As-tu conduit tes transactions commerciales avec honnêteté ?
  2. As-tu établis des temps fixes pour l’étude de la Tora ?
  3. T’es-tu impliqué dans la procréation ?
  4. As-tu attendu, avec espoir, le Salut messianique ?
  5. T’es-tu imprégné de sagesse?
  6. Lorsque tu étudiais la Tora, l’as-tu étudiée en profondeur et déduit un enseignement d’un autre?
[2] n. f. soldat armé qui fait le guet. Personne qui surveille. Garde, gardien, veilleur.
[3] n. f. Action d’attendre avant la réalisation d’une promesse. Espérance, futur.
[4] Consulter Avoth VI – 2. & T. B. Qiddouchine 82 a. – 82 b. Par Monsieur Emmanuel Mergui.

SUIVRE L’ÉTERNEL (Extrait du livre: « Le Bon Œil »)

Rabbi Hama, fils de Rabbi Hanina de dire :[1] Que signifie : « Suivez l’Éternel votre D.ieu !? » [2] Est-il possible à l’homme de suivre la Providence Divine ? Or, il est déjà écrit :[3] « L’Éternel, ton D.ieu est [comme][4] un feu dévorant. »?[5] C’est donc, une obligation que d’imiter D.ieu dans Son Comportement. Tout comme :

  1. Le Saint, Béni Soit-Il, a vêtu ceux qui étaient nus. Comme, il est écrit « L’Éternel-D.ieu fit pour l’homme et sa femme,Des tuniques de peau, et les en vêtit. » (Bérèchith 3, 21) Toi également, habille ceux qui en ont besoin.
  2. Le Saint, Béni Soit-Il, rend visite aux malades. Tel qu’il est dit :[6 « L’Éternel lui apparut dans les plaines de Mamrè… » Toi aussi, visite les malades.
  3.  Le Saint, Béni Soit-Il, réconforte les endeuillés. Ce qu’exprime : « Après le décès d’Avraham, L’Éternel bénit Yisshaq, son  fils… »[7]Toi aussi, réconforte les endeuillés.
  4. Le Saint, Béni Soit-Il, enterre les morts. Comme, il est dit:[8] « Il[9] l’enterra dans la vallée… » Toi de même, enterre les morts.
[1] T. B. Sota 14a.
[2] Dévarim 8, 5.
[3] Dévarim 4, 24.
[4] Comme un feu dévorant.
RAAVA^, Rabbènou Avraham IBN ÊZRA,
Et Hizzéqouni.
[5] La Punition de D.ieu est un feu dévorant. Rav Séâdya Gaone.
[6] L’Éternel apparut à Avraham. Bérèchith 13, 1.
Pour rendre visite au malade. RACHY, Cf. Sota 14a. « Biqqour Holim ».
Rabbi Hama Bar Hanina a enseigné: Avraham étant au 3e jour de sa circoncision, Le Saint, Béni Soit-Il, est venu lui rendre visite. RACHY, Cf. Bava Messiâ 86b.  
Consulter le chapitre III, tome II, de la présente œuvre. À paraître.          
[7] Bérèchith 25, 11.
Cette bénédiction était constituée par la consolation que L’Éternel accorda à Yisshaq, à la suite de son deuil, lors du décès d’Avraham, son père. Et si D.ieu a tenu à procéder Lui-Même à cette consolation, c’est pour nous entraîner à mettre nous aussi, en de telles circonstances, du baume (Substantif  masculin, figuré, ce qui calme, adoucit les peines, les chagrins) sur le cœur des affligés. Toratt ‘Haïm, Bérèchith 25, 11, p. 199, § a.
La consolation des affligés, « Nihoum Avèlim ».
[8] Dévarim 34, 6.
[9] L’Éternel enterra Moché Rabbènou, âlaw ha-chalom.

QU’EST-CE QUE LE « MAUVAIS ŒIL »

Le concept du « mauvais œil » est, par définition, la « mauvaise pensée », « Hammahchava ha-raâ ». La mauvaise réflexion émanant d’une personne mauvaise, méchante, qui, à travers son œil, son regard négatif, cause du dommage à l’individu ou à l’objet visé. Contrairement à la croyance populaire, à savoir que l’œil en soi, qui soit mauvais ou source de dégât, il n’en est rien.  L’œil est un élément intermédiaire, un organe qui produit et projette la volonté, le désir et la pensée de son porteur vers l’être regardé. Un être est considéré porteur du « mauvais œil », est un être qui, de tout son être, désire ardemment causer du tort à autrui, et qui, pour ce faire, se sert de son œil pour projeter le mal sur autrui.